Conférence internationale les 11,12 et 13 juin 2020 à l'université Paris Nanterre et la Fondation des Etats-Unis
11-13 juin 2020 Nanterre / Paris (France)

CFP

Queering the city ? Perspectives transatlantiques. Appel / CFP

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 Se demander ce qui fabrique les rapports sociaux dans l’espace de la ville aujourd’hui, et en quoi les rapports sociaux fabriquent de l’espace, du lieu, revient à poser que la relation société / espace est à double sens. Si l’espace est le produit de rapports sociaux, inversement, loin d’être le réceptacle passif des forces sociales, l’espace – selon la trilogie « espace vécu, conçu et perçu » d’Henri Lefebvre – structure et contribue à la reproduction mais aussi à la contestation des rapports sociaux. On posera ensuite plus précisément ici la question de la relation entre genre / sexe / race et espace. Est-il possible, dans un espace urbain marqué par les rapports sociaux de résister aux contraintes, de « queeriser » la ville ? Si l’on entend le terme « queer » dans le sens où l’utilise Kath Browne1 : « qui opère au-delà des pouvoirs et des contrôles qui assurent le respect de la normativité », alors « queeriser la ville » implique de redessiner, reconceptualiser, repenser, recartographier, pour refaire les corps, les espaces et les géographies.

 Lise Nelson avance que le concept de performativité développé par Butler peut être augmenté en considérant son expérience vécue et son enracinement géographique. Nelson souligne l’importance de ces éléments dans la construction d’une résistance aux contraintes imposées à la construction de soi2. En effet, une inscription dans l’espace n’implique pas forcément une « fabrication des territoires » par des collectifs et des individus, elle peut s’inscrire dans des rapports plus souples individus / territoire, faire la construction des rapports sociaux « avec du territoire ». L’identification territoriale, l’inscription dans l’espace, le « creating a sense of place » dont parle Doreen Massey, sont-ils des stratégies possibles pour les groupes invisibilisés de « faire de l’espace », de se « l’approprier », le « queeriser3 », le « dégenrer », le « débinariser » ? En quoi ces stratégies sont-elles surdéterminées par l’intersectionnalité de genre, de race, de classe, de validité ?

La ville, parce qu’elle est lieu de pouvoir, est en même temps lieu des contre-pouvoirs. L’existence de mouvements et de stratégies de résistance aux relations de pouvoir genrées, de classe ou de race dans la ville contemporaine n’est pas nouvelle, qu’elle soit française ou états- unienne. Les historien·nes des femmes et des minorités sexuelles et raciales ont montré à quel point, en dépit des barrières physiques, légales et culturelles qui les cantonnaient à l’espace privé ou à l’invisibilité, ces groupes sociaux ont pu créer des espaces de rencontre et de sociabilité hors des espaces publics traditionnels réservés aux hommes et aux familles. Les travaux pionniers de George Chauncey sur le « gay New York » ont ainsi mis au jour l’existence de lieux de rencontre pour la population homosexuelle de la ville – cafétérias, night-clubs, dance-halls, quartiers – mais aussi de tactiques – utilisation d’un argot ou d’un style vestimentaire – pour s’identifier de manière discrète dans l’espace urbain, et cela dès le début du XXe siècle, bien avant la révolution sexuelle des années 1960. Dans le sillon des travaux de Chauncey, les historien·nes ont exhumé des oubliettes de l’histoire les quartiers gays des grandes et moyennes villes états-uniennes. En France, à partir de 1975, au sein des groupes féministes et lesbiens, se pose la question d’archiver ce qui faisait l’objet des luttes des homosexuel.le.s. Les premiers centres d’archives sont créés par des militant·es à Paris dès 1983, devenant à la fois un lieu de rassemblement de ce qui se faisait, devant la floraison de groupes et de journaux, et un lieu de visibilité et de résistance contre l’effacement de l’histoire. La France possédait une réputation libérale en matière d’homosexualité puisqu’elle avait été officiellement dépénalisée dès 1791, et que des quartiers se développèrent rapidement à Paris, en particulier pendant la Belle Époque. Toutefois l’homosexualité est réprimée dès la fin du XIXème siècle et jusqu’en 1968, l’égalité de majorité sexuelle et la fin du fichage par la police datant de 1981. Le port du pantalon pour les femmes est également interdit jusqu’en 2013, sans poursuite légale depuis la fin du XIXe siècle, tandis que le la transidentité est considérée comme une maladie jusqu’en 2010. L'artiste Michel-Marie Poulain raconte son changement de sexe dans Voilà (1934) et la déportée Marie André Schwidenhammer crée la première structure d'aide aux trans* (1965). Ces deux pionnières posent ainsi les jalons d'une visibilité sociale qui atteint un apogée avec la culture cabaret transgenre , du cabaret du Carrousel à Paris dans les années 1950-60 qui a permis à de nombreux trans* de vivre librement, sans se cacher, ni se prostituer, et dans un milieu bienveillant, aux premières marches « Existrans » en 1997 pour devenir centrale aux identités queers.

 Dans « Quartiers gays », le sociologue Colin Giraud, note que c’est vraiment aux États-Unis et au cours des années 1960 que la notion de « quartier gay » émerge sous l’effet des mouvements sociaux de contestation et des premières grandes mobilisations du militantisme homosexuel. L’urbanisation nord-américaine produit des rapports au quartier différents, et le rattachement de ces quartiers à des groupes sociaux ou ethniques spécifiques y est plus net en même temps que mieux accepté. L’idée même de « quartier gay » n’apparaît qu’au début des années 1980 en France dans le Marais.

Ces vingt dernières années, des mouvements féministes, queers et trans* ont tenté de remettre en question les « systèmes de contrats de genre localement, culturellement et temporellement construits et reproduits4 » par la gouvernance urbaine. L’association Genre et Ville tente, sous la houlette de Chris Blache, de déconstruire la dualité femme/homme pour réinvestir les espaces de la ville et de « faire évoluer les usages du vivre ensemble par une redéfinition de l’espace public et privé, tant dans sa dimension virtuelle que réelle ». De nombreux collectifs ont aussi mené – et continuent de le faire – des actions visant à faire prendre conscience de l’ampleur et des ressorts du harcèlement sexuel dans l’espace public, et à donner des moyens d’auto-défense – y compris physique – contre les violences patriarcales dans l’espace public.

 Or, les efforts pour s’approprier l’espace des femmes, des gays, des lesbiennes ou des trans* sont souvent neutralisés par la récupération par les médias et le marketing de la ville mis en place par les autorités. On posera la question du lien entre l’existence de stratégies de résistance aux normes de genre et la création de territoire dans une perspective transatlantique. Ces résistances, ces efforts pour transformer, « dégenrer », « queeriser » la ville, donnent-ils à voir une réappropriation du territoire par les femmes et les personnes minorisées ? Y a-t-il création de territoire dans et par ces stratégies ? Ce colloque visera à interroger la création de territoire que ce soit par les mouvements sociaux, par la gentrification ou par les politiques identitaires, en France et aux États-Unis. On pourra questionner notamment la validité de cette création de territoire sur le long terme et ses limites intersectionnelles (genre, race, validité...).

 Enfin, puisque le corps est aussi un lieu et une performance dans l’espace de la ville états- unienne, on pourra également s’intéresser aux stratégies de « performance » dans la ville par l’art et en utilisant la théâtralité de l’espace. Quel est l’effet de la transgression des artistes qui utilisent le corps pour casser les codes sociaux préétablis dans des performances qui visent à « queeriser » la ville, à la transformer, et à flouter les frontières de genre ? La « queerisation » de l’espace urbain requiert à la fois la transformation de l’espace et du langage, du « récit » sur la ville, de la même façon que langage et espace ont étés imbriqués dans la construction de la ville comme un espace androcentrique et cisgenre dont les femmes et les dissident·es aux normes sexuelles et de genre ont été si ce n’est totalement exclu·es du moins extirpé·es à des moments précis de l’histoire. Si les mouvements sociaux sont un bon exemple de la façon dont l’espace peut être créé ou recréé ou approprié par les « marches » et l’emprise physique sur le territoire, le langage peut également être celui de l’art. Langage au sens propre du texte, langage du corps, langage de l’image. L’utilisation du théâtre dans un but politique par exemple, la performance qui utilise le corps comme outil politique, sont également des pratiques militantes liées au territoire. Le militantisme queer et trans* s’est notoirement exprimé par la performance, le théâtre de rue ou l’activisme monumental, tandis que l’art contemporain intègre des pratiques militantes du texte, du corps et de l’image. Louise de Ville, performeuse américaine, a amené avec elle le burlesque et les ateliers drag king en France, où elle exploite et détourne les codes du genre. La « culture de bal » et le « voguing », dont les « maisons » (houses) sont des familles reconstituées autour d’une « mère » pour principalement des jeunes noir·es et latinx queers, existent depuis 1977 aux États-Unis avec la première House of LaBeijia formée par Crystal Labeija (drag queen et figure mythique du voguing).

 En France, l'artiste, danseur et DJ Kiddy Smile s’est fait l’ambassadeur du voguing à l'été 2016 avec son titre « Let a B!tch know ». Bien des artistes américain·es, de Halprin à Judy Chicago en passant par Annie Sprinkle, ont tenté de transformer l’espace et les représentations qui s’y jouent. La « marche » est une pratique politique typiquement états-unienne. Montrer l’enfermement dans l’espace domestique en « sortant la maison de la maison », ou encore cartographier ou « décartographier » la ville grâce à la pratique artistique dans l’espace public – « marches », performances, danse, théâtre, happenings – est peut-être un moyen de la « queeriser » en créant de l’espace non genré, non marqué par la classe ou l’appartenance ethnique, accessible. En France, Sophie Calle est un exemple d’artiste s’étant emparée des « marches » pour interroger la limite poreuse entre sphère publique et sphère privée.

 À l’heure de la montée en puissance des mouvements de révolte contre le sexisme et la violence faite aux femmes et aux personnes dissidentes aux normes de genre et de sexualité, les questions que l’on espère soulever par cette manifestation scientifique et artistique sont au cœur de l’actualité politique. On attendra donc des propositions de communications liées à l’histoire des mouvements sociaux ou à celle des performances artistiques en France et aux États-Unis, à la géographie des espaces queers ou des espaces contestataires, à la sociologie des mouvements sociaux liés à la création d’espace et à la résistance dans l’espace urbain, mais également des présentations d’artistes contemporain·es et les interventions de militant·es féministes et LGBTQI+. Il peut s’agir d’installations, de performances qui utilisent le corps, sexué, genré, racisé, marqué par la classe et la validité, provocant en soi et pour soi une transformation des valeurs et des normes auxquelles il refuse de se conformer. À noter que même les sessions de communications (20 minutes) plus classiques ne seront pas organisées sous la forme de

conférences suivies de questions mais donneront lieu à des discussions dans le cadre d’ateliers inspirés des techniques de l’éducation populaire5.

Proposition (titre + 500 mots + corpus ou sources bibliographiques) et courte notice biographique à envoyer à queeringthecity2020@gmail.com jusqu’au 15 septembre 2019 inclus, réponse début octobre 2019.

[1] Kath Browne, “Challenging queer geographies”. Antipode 38, p.885–93, 2006.
[2] Lise Nelson, « Bodies (and Spaces) Do Matter : The Limits of Performativity », in Gender, Place and Culture, A Journal of Feminist Geography, vol.6, issue 4, 1999, p 331 – 353.
[3] Au sens large de : hors des stéréotypes et des normes de genre et de sexe.
[4] “myriad gender contracts which together constitute gendered governance”, “local gender systems and their constituent, culturally, constructed gender contracts” Helen Jarvis, Paula Kantor, Jonathan Clarke, Cities and Gender, London and New York, Routledge, 2009, p.223
[5] Techniques dont l’objectif est de remettre en cause la démarche de transmission unilatérale du savoir d'un sachant vers un ignorant, et de favoriser la co-construction des savoirs par une diffusion de la parole parmi les participant·es.

 

Queering the City, Transatlantic Perspectives

 

To ask what produces social relationships in urban space today, and how social relationships produce space and place, is to affirm that the connection between society and space is a two- way street. If space is the product of social relations, then conversely — according to Henri Lefebvre’s triad of “lived, conceived and perceived space” — space, far from being the passive receptacle of social forces, structures and contributes to the reproduction but also challenges social relations. We will then raise the more specific question of the relationship between gender/sex/race and space. In an urban space marked by social relationships, is it possible to resist and "queer" the city? If we understand the term "queer" as Kath Browne does in “Challenging Queer Geographies”: “operating beyond powers and controls that enforce normativity6", then "queering the city" implies redrawing, reconceptualizing, rethinking and remapping to remake bodies, spaces and geographies.

 Lise Nelson argues that Butler’s concept of performativity can be enhanced by accounting for our lived experience and geographical roots. Nelson underlines the importance of these elements in resisting the constraints imposed on self-construction [1]. Indeed, geographical roots do not necessarily imply deliberate "territory-building" by collectives and individuals — it can be the result of more flexible relationships between individuals and territories, building social relations "with territory". Are territorial identification, spatial belonging, Doreen Massey’s "creating a sense of place", possible strategies for invisibilized groups to "create space", "own”, and "queer" it [2]", "ungender" and "debinarize" it? How are these strategies overdetermined by intersectionality of gender, race, class and ableness?

 Because the city is a place of power, it is also a place of counter powers. The existence of movements and strategies of resistance to power relations based on gender, class or race is not new in the contemporary city, whether French or American. Women’s and sexual minorities’ studies have shown how much, in spite of the physical, legal and cultural barriers that confined them to private space or invisibility, these social groups have been able to create meeting and leisure spaces outside the traditional public spaces intended for men and families. George Chauncey's groundbreaking work on "gay New York" (1994) revealed the existence of meeting places for the city’s gay population (cafeterias, nightclubs, dance halls, neighborhoods) but also of coded recognition tactics (eg. specific slang or clothing) in the urban space, since the beginning of the 20th century, long before the sexual revolution of the 1960s. In the wake of Chauncey’s work, historians have exhumed from the dustbins of history the gay neighborhoods of large and medium-sized cities in the United States. In France, from 1975 onwards, feminist and lesbian groups began to ask themselves how to archive the LGBTQ movement’s struggles. The first Paris archive centers were created by activists in 1983 and gathered evidence of what was happening, given the blossoming of groups and the proliferation of newspapers, in places of visibility and resistance against historical erasure. France was reputed for its ostensibly liberal attitude toward homosexuality, which had been decriminalized in 1791, and gay bastions had developed rapidly in Paris, particularly during the Belle Epoque. However, homosexuality faced repression from the end of the 19th century until 1968, with police tracking and an unequal sexual majority until 1981. Wearing pants is illegal for women until 2013, with no repression since the end of the 19th century, while transidentity is considered a mental illness until 2010. Artist Michel-Marie Poulain first tells of her sex change in the popular French magazine Voilà in 1934 and the concentration-camp survivor Marie André Schwidenhammer created the first support network for trans* people in 1965. This set the stage for a kind of public visibility that reached a peak with transgender cabaret culture in Paris, from the Cabaret du Carousel in the 1950s and 1960s --where many trans* people could live freely, without having to hide, or prostitute themselves in a caring and supportive environment-- to the first “existrans” marches in 1997, and is increasingly recognized as central to queer identities.

 In "Gay Neighborhoods", the sociologist Colin Giraud posits that it is really in the United States during the 1960s that the notion of a "gay neighborhood" emerged, thanks to rebellious social movements and various different forms of gay activism. North-American urbanization relates differently to the neighborhood, wherein the association of a neighborhood to specific social or ethnic groups is more salient and better accepted. In France, the very idea of a "gay neighborhood " does not appear until the beginning of the 1980s, in the Marais.

 In the past twenty years, feminist, queer and trans* movements have tried to challenge “myriad gender contracts which together constitute gendered governance”, “local gender systems and their constituent, culturally, constructed gender contracts” (Jarvis)5. The association “Genre et Ville(«Gender and City ") directed by Chris Blache is attempting to deconstruct binary genders to reclaim urban space and “make collective social mores evolve, by the redefinition of public and private space, both virtual and real". Many collectives have also been active in trying to publicize the extent and the dynamics of sexual harassment in public space, and in giving people means of self-defense — physical or otherwise — against patriarchal violence in public space.

 Yet, attempts to claim space for women, gays, lesbians and trans* people are often neutralized by media recuperation and local marketing schemes. We shall thus try to determine, from a Transatlantic, urban perspective, the connection between strategies aimed at resisting gender norms and the creation of territories. Does the resistance and efforts to transform, “degender", “queer" the city, result in the re-appropriation of territory by women and marginalized people? Do these strategies result in the creation of territory? This conference aims at examining the creation of territory, be it by social movements or gentrification or through identity politics in France and in the USA. Specifically, we can question the validity of these new territories in the long term and their intersectional limitations (gender, race, ableness...).

 Finally, because the body is also a locus and a performance in itself within American urban space, it is important to discuss artistic and space-based theatrical "performance" strategies in the city. What is the effect of artistic transgression, using the body to break pre-established social codes via performances that seek to "queer" and transform the city, blurring gender boundaries? "Queering " urban space requires both the transformation of space and language, and of the "narrative" attached to the city, in the same way as language and space contributed to constructing the city as an androcentric and cisgendered space to begin with, from which women and sexual-and-gender-norm dissidents were excluded or even expelled at certain points in history. If social movements are a good example of the way space can be created or recreated or appropriated by "marches" and the physical occupation of a given territory, so is artistic language— be it text, body language or imagery. The political use of theater, for example, or performances in which the body is a political tool, are also territory-related forms of activism. Queer and trans* activism has famously employed performance, street theater or monumental activism, while contemporary art has integrated militant uses of text, body and image. The American performer Louise de Ville has exported the burlesque and drag king workshops to France, where she hijacks and makes art out of gender codes. "Ball culture" and “voguing” "houses" with its families headed by a “mother" of mostly young black and latinx queers, have existed in the USA since 1977, with the first House of Labeijia formed by Crystal Labeija, a drag queen and mythical figure of voguing.

 In France, the artist, dancer and DJ Kiddy Smile became the ambassador of voguing in the summer of 2016 with his title Let a B!tch know. Many American artists, from Halprin to Judy Chicago and Annie Sprinkle, have tried to transform space and the representations at stake. The march is a typically U.S. political practice. Showing the cloistering of domestic space by “taking the house out of the house", or mapping or "demapping" the city through artistic performance in public space — marches, performances, dance, theatre, happenings — may be a means of "queering" space by creating an ungendered and accessible space, marked by neither class nor ethnic identity. Sophie Calle is an example of a French artist who has employed marches to test the porous boundaries between public and private spheres.

In these days of increasingly powerful movements of revolt against sexism, sexual harassment, and violence directed at women and gender-norm-and-sexuality-dissidents, the questions we hope to raise with this academic and artistic conference are more present than ever. We’re thus hoping for papers related to the history of social movements or of artistic performances in France and in the US, to the geography of queer or activist spaces, to the sociology of social movements linked with the creation of space and with resistance in an urban context. But we’re also hoping for presentations by contemporary artists and interventions by feminist and LGBTQI+ activists. We welcome art installations and bodily performances using the sexuated, gendered, racialized and class-branded dis/abled body, provoking in and for the self a transformation of values and norms. More classic talks will not be set up as panel discussions (presentation + Q & A) but as interactive workshops inspired by popular education techniques.

Proposals (title, 500 word abstract plus corpus/bibliographic sources) and short biographic note to be sent to queeringthecity2020@gmail.com up to 15 September 2019, answer by early October 2019.

[1] Lise Nelson, “Bodies (and Spaces) Do Matter : The Limits of Performativity", in Gender, Place and Culture, A Journal of Feminist Geography, vol.6, issue 4, 1999, p 331 – 353.
[2] In the broad sense of : outside sex and gender stereotypes and norms.
[3] Helen Jarvis
[4]  Helen Jarvis, Paula Kantor, Jonathan Clarke, Cities and Gender, London and New York, Routledge, 2009, p.223
[5]  Kath Browne, “Challenging queer geographies”. Antipode 38, p.885–93, 2006.

 Bibliography

- Adler Sy & Johanna Brenner, « Gender and Space : Lesbians and Gay Men in the City », in International Journal of Urban and Regional Research, March 1992.
- Bell David et Gill Valentine, Mapping Desire, London and New York, Routledge, 1995
- Bell David and Jon Binnie, The Sexual Citizen: Queer. Politics and Beyond, Cambridge: Polity, 2000.
- Brown Wendy, States of Injury: Power and Freedom in Late Modernity. Princeton, Princeton University Press, 1995
-Brown-Saracino Japonica, « Social Preservationists and the Quest for Authentic Community », in City and Community, 3 :2, juin 2004, p.125-156
- Butler Judith, Giving an Account of One Self, New York, Fordham University Press, 2005
- Doan Petra L., « Queers in the American City : Transgendered perceptions of urban space », in Gender, Place and Culture, vol.14, N°1, pp.57-74, février 2007.
- Duncan Nancy (ed.), Body Space, London and New York, Routledge, 1996
- Guérin-Pace France et Elena Filipova (eds.) Ces lieux qui nous habitent. Identités des territoires, territoires des identités, Paris, La tour D’Aigues, INED-L’Aube, 2008.
- Jarvis Helen, Paula Kantor, Jonathan Clarke, Cities and Gender, London and New York, Routledge, 2009.
- Jonhston Lynda et Robyn Longhurst, Space, Place and Sex, Geographies of Sexualities, Plymouth, Rowman & Littlefield Publishers, 2010.
- Halberstam Judith, In a Queer Time and Place: Transgender Bodies, Subcultural Lives, New York, New York University Press, 2005.
- Lextrait Fabrice et Frédéric Kahn, Nouveaux territoires de l’art, Paris, Sujetobjet éditions, 2002.
- Massey Doreen, Space, Place and gender, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1994. - Nelson Lise, « Bodies (and Spaces) Do Matter : The Limits of Performativity », in Gender, Place and Culture, A Journal of Feminist Geography, p 331 – 353. vol.6, 1999, issue 4.
- Oswin Nathalie, « Critical Geographies and the uses of sexuality : deconstructing queer space », in Progress in Human Geography, n°32 (1), 2008, p. 89-103
- Oswin Nathalie, World City, Queer, Paris, Antipode, 2005.
- Parsons Deborah, L., Streetwalking the Metropolis ; Women, the City, and Modernity, Oxford : Oxford University Press, 2003.
- Patch Jason, « ‘Ladies and Gentrification’: New Stores, Residents, and Relationships in Neighborhood Change », in Judith N. DeSena, et Ray Hutchinson (eds), Gender in an Urban World, Research in Urban Sociology, vol. 9, 2008, p. 103-126.
- Puar Jasbir, « A Transnational feminist critique of queer tourism », in Antipode, 34, 935-46
- Prieur Cha, «Des géographies queers au-delà des genres et des sexualités ?», Espacestemps.net, 2015.
- Quiros Kantuta et Allocha Imhoff (eds), Géo-Esthétique, Parc Saint Léger centre d’art contemporain, Ecole Supérieure de Clermont Métropole, ENSA Dijon, 2017.
- Stewart-Winter Timothy, Queer Clout, Chicago and the Rise of Gay Politics, Philadelphia : University of Pennsylvania Press, 2016
-Young Iris, Justice and the Politics of Difference. Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 1990.

 Comité organisateur / Organizing Committee:

- Gabrielle Adjerad (CREA Paris Nanterre)
- Gregory Bekhtari (CREA Paris Nanterre)
- Anne Crémieux (CREA Paris Nanterre)
- Claire Finch (LEGS P8)
- Laurence Gervais (CREA Paris Nanterre)
- Marion Tillous (LEGS P8)

 Comité scientifique / Scientific Committee:

- Rachele Borghi
- Alice Braun
- Audrey Célestine
- Marguerite Chabrol
- Elsa Devienne
- Petra Doan
- Karine Espineira
- Marie-Dominique Garnier
- Colin Giraud
- Sonia Lehman-Frisch
- Marylène Lieber
- Guillaume Marche
- Monica Michlin
- Sofian Merabet
- Jean-Paul Rocchi
- Caroline Rolland-Diamond
- Sylvie Tissot

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